Les chiffres khmers constituent l’un des plus anciens systèmes numériques d’Asie du Sud-Est encore en usage aujourd’hui. Hérités de la tradition brahmique, ils apparaissent sur les inscriptions d’Angkor et ont influencé plusieurs systèmes voisins. Chaque chiffre dispose de son propre symbole, tracé d’un seul geste continu, ce qui leur confère une esthétique très fluide. Le khmer moderne emploie ces chiffres aussi bien dans la vie courante que dans les contextes religieux ou culturels, notamment sur les manuscrits et les décorations de pagodes.
Un système clair et régulier
Comme pour les langues européennes, le khmer utilise une base décimale : les unités de zéro à neuf servent de fondation pour la construction de tous les autres nombres. L’apprentissage des dix premiers chiffres est donc essentiel ; ils reviennent ensuite dans toutes les combinaisons, qu’il s’agisse des dizaines, des centaines ou des milliers. Leur prononciation suit une logique phonétique stable, ce qui rend la numération khmère particulièrement régulière pour les apprenants.
Comment lire les cartes?
- Lorsqu’une carte est sélectionnée, un halo lumineux apparaît pendant la lecture du son associé.
- Le grand symbole situé au centre correspond à l’écriture du chiffre en khmer.
- Sous ce symbole figurent son orthographe khmère complète ainsi qu’une transcription phonétique simplifiée destinée à faciliter la lecture.
- La pastille blanche placée dans tout en bas indique la valeur du chiffre en numération arabe, permettant d’établir la correspondance avec le système décimal usuel.
Les chiffres
De ០ (sô:n) à ៥ (pram), chaque chiffre possède un nom distinct, correspondant à une valeur autonome. À partir de ៦ (pram mou:œy), le système devient additif: on forme les nouveaux nombres en « concaténant » littéralement les unités à cinq. Ainsi, ៦ se lit pram mou:œy (« cinq + un »), ៧ pram pi: (« cinq + deux »), et ainsi de suite jusqu’à ៩, pram bou:œn (« cinq + quatre »). Cette logique simple et transparente illustre bien la manière dont le khmer exprime les relations numériques à travers la langue elle-même.
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0
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1
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2
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3
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4
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5
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6
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7
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8
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9
Les dizaines
Les dizaines en khmer ont des formes distinctes pour 10 (dop) et 20 (mòpʰéy). À partir de 30, le système devient régulier : on combine le chiffre des dizaines avec le mot សិប (sœp "-dix"). On obtient ainsi 30 sa:m sœp, 40 sa:è sœp, 50 ha sœp, 60 hòk sœp, 70 tyet sœp, 80 pa:èt sœp, 90 kaw sœp. Le terme សិប se retrouve donc à chaque dizaine de 30 à 90.
Nombres non “ronds”
Pour former un nombre qui n’est pas une dizaine, on concatène simplement la dizaine et l’unité sans mot de liaison. Cette logique reprend les unités déjà vues dans la section des chiffres et s’applique de manière régulière à toutes les dizaines. Voici quelques exemples:
- 21 = ម្ភៃមួយ, mòpʰéy mou:œy (20 + 1)
- 34 = សាមសិបបួន, sa:m sœp bou:œn (30 + 4)
- 57 = ហាសិបប្រាំពីរ, ha sœp pram pi: (50 + 7)
Cette régularité rend la lecture des nombres khmers particulièrement logique : chaque nouvelle valeur se déduit directement de la dizaine et de l’unité.
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10
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20
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30
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40
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50
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60
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70
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80
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90
Les grands nombres
Au-delà des dizaines, la numération khmère repose sur un principe de paliers multiplicatifs : chaque terme majeur – រយ (rò:y, cent), ពាន់ (pôan, mille), ម៉ឺន (mœn, dix mille), សែន (saè:n, cent mille) et លាន (li:œn, million) – sert de base pour exprimer des quantités plus élevées. Ces mots ne désignent donc pas seulement une valeur fixe, mais fonctionnent comme des unités de mesure que l’on combine avec les chiffres déjà étudiés.
Utilisation et accord des valeurs
Les cartes présentées ici ne représentent pas des nombres à employer tels quels, mais des formes de référence permettant de comprendre comment construire les grands nombres. Pour chaque palier, on “compose” en associant le chiffre correspondant à la quantité désirée, par exemple :
- pi: rò:y (deux cents, 2 x 100)
- bèy pôan (trois mille, 3 x 1000)
- pram saè:n (cinq cent mille, 5 x 100000)
Ce système multiplicatif illustre la cohérence et la régularité du khmer : à chaque étape, la valeur se déduit directement de l’unité et de son facteur.
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100
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1 000
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10 000
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100 000
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1 000 000
Pour aller plus loin
La maîtrise des chiffres et des nombres constitue une première étape dans la découverte du khmer écrit. Pour approfondir votre apprentissage, il est essentiel de se familiariser avec l’alphabet khmer, véritable fondement de la lecture et de l’écriture. Sur notre page dédiée, vous y retrouverez la structure des consonnes, des voyelles et des combinaisons qui donnent à la langue toute sa richesse sonore et graphique.

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