Vendredi 10 février 2023, le bureau s’est rendu à Alençon pour visiter la ville mais surtout pour voir les expositions Cambodge – Les temples d’Angkor, un message du Bouddha et Joyaux du bouddhisme Cambodgien ainsi que la première représentation de Maisons du Vent, d’Alençon à Phnom Penh, la vie d’Adhémard Leclère.
Exposition « Cambodge – Les temples d’Angkor, un message du Bouddha«
L’exposition Cambodge – Les temples d’Angkor, un message du Bouddha est une exposition de photographies des temples d’Angkor prises par Olivier Héron entre 2014 et 2015. Originaire du Mans et installé à Alençon, le photographe a voyagé longuement en Asie du Sud-Est, et notamment au Cambodge, d’abord entre 1994 et 1997 puis dans les années 2010. C’est la première fois que cette série de photographie est exposée.
Exposition « Joyaux du bouddhisme Cambodgien«
L’exposition Joyaux du bouddhisme cambodgien a été organisée en partenariat avec l’Institut Thématique Interdisciplinaire HiSAAR (Histoire, sociologie, archéologie et anthropologie des religions) de l’université de Strasbourg. Elle réunit des œuvres remarquables, la plupart du temps invisibles du grand public en raison de leur sensibilité à la lumière. Elles sont issues de la collection de l’Alençonnais Adhémard Leclère (1853-1917), résident de France au Cambodge de 1886 à 1910.
Le parcours de visite s’organise en deux grands chapitres. Le premier permet d’aller à la rencontre d’un homme exceptionnel, Siddhartha Gautama, prince du clan des Sakya et dernier Buddha qui vécut au Ve siècle av. J.C. dans le nord de l’Inde. Le second volet est consacré à l’autre source d’inspiration essentielle de l’art khmer, le Rämakerti. Version cambodgienne de la grande épopée indienne du Ramayana, ce chef d’œuvre témoigne de la pénétration du bouddhisme dans la littérature classique.
L’exposition est présentée jusqu’au 28 février 2023 au musée des Beaux-arts et de la Dentelle, à Alençon. Plus d’informations sur le site du musée ici.
Maisons du Vent, d’Alençon à Phnom Penh, la vie d’Adhémard Leclère
Après le musée de la dentelle, nous poursuivons notre visite à l’auditorium du musée où a eu lieu la représentation de la pièce « Maisons du Vent, d’Alençon à Phnom Penh, la vie d’Adhémard Leclère » a lieu. C’est la compagnie parisienne Théâtre de L’Impossible qui propose cette création originale en hommage à l’Alençonnais Adhémard Leclère. La pièce écrite par Robert Bensimon, est dans la lignée des « portraits-scéniques » que l’auteur a déjà réalisés.
« Le spectacle sera composé de deux parties qui vont s’imbriquer: Adhémard à Alençon, fils d’ouvrier et homme engagé, et Adhémard au Cambodge, notable qui n’a rien perdu de ses convictions » annonce Robert Bensimon, qui jouera aussi dans la pièce aux côtés de Corine Thézier et Pierre Carteret. « Adhémard et Clemenceau, son ami et mentor, étaient opposés à la colonisation. Ce qui explique l’humanisme dont l’Alençonnais a fait preuve dans sa façon de gouverner les différentes provinces du Cambodge dont il eut la charge. » L’auteur avoue avoir eu « énormément de plaisir » à travailler sur la vie d’Adhémard Leclère. « Je me suis basé sur la biographie écrite par Grégory Mikaélian et j’ai lu les écrits d’Adhémard » précise-t-il. « Le spectacle, qui va mettre en avant la personne fantastique et exemplaire qu’il a été, sera ponctué de ballets dansés par quatre artistes cambodgiennes, formées par les maîtresses du ballet Royal du Cambodge. »
Samedi 21 janvier, l’auteure Alice Dumas Kol est venue nous rencontrer à l’école et nous parler de son premier roman Une chance amère publié aux Éditions Anne Carrière.
Elle nous a présenté la genèse du livre et fait des lectures. Alice a ensuite échangé autour de sujets comme la mémoire, l’héritage, l’identité et la famille. S’en est suivie une séance de dédicaces et atelier rouleaux de printemps autour d’un buffet… ce fut une rencontre vivante et enrichissante !
Un grand merci aux élèves et aux personnes extérieures à l’association d’être venus mais surtout à Alice de nous avoir honoré de sa présence ! 😄
Samedi 11 juin, l’Association Ballet Classique Khmer nous a fait l’honneur d’une présentation et d’une initiation à la danse classique khmère.
Fondée en 1976, l’association compte pour professeur Mme Voan Savay, étoile du Ballet Royal Khmer. Elle est considérée comme la « dernière Apsara du Cambodge ». En 1965, à l’âge de 15 ans, elle est nommée « première ballerine » et remplace ponctuellement la Princesse Bopha Devi jusqu’à la chute du régime. Elle survit aux Khmers Rouges en cachant son identité. A la fin des années 1990, elle trouve l’asile en France et contribue à la restoration de l’Association BCK en compagnie du Prince Tesso Sisowath et de la Princesse Vichara Norodom.
Après une présentation des styles de danse khmère, Sobotra et Say Sokunthea se sont attardés à expliquer les différents personnages et les codes du ballet classique khmer. S’en est suivi une démonstration et une initiation pour les élèves de l’ACFK.
La présentation incluait une exposition de masques, tiares et bijoux traditionnels de la danse classique khmère ainsi que des explications sur les costumes, la manière de les porter ainsi que leur signification.
Merci à Sobotra et Say Sokunthea de nous avoir partagé leur passion pour cet art chorégraphique millénaire!
Le dimanche 24 avril s’est tenu à la Grande Pagode de Vincennes le Sabay Festival, organisé par Samaki Kohn Khmer et Evaan Market : une merveilleuse occasion de se retrouver tous ensemble autour de la culture cambodgienne.
A cette occasion, l’ACFK a tenu un stand et animé :
– des jeux traditionnels khmers
– des jeux initiatiques autour de l’alphabet khmer
– une vente de gâteaux et de goodies
– une récolte de dons
– des discussions avec les membres de l’association
Les petits goodies ACFK Paris sont divers & variés, ludiques ou appétissants : cartes d’alphabet khmer, tote bags, carnets, eco-cups, sablés & caramels maisons…
Notre stand a fait le plein de visiteurs tout au long de la journée et nous ne nous attendions pas à un tel engouement !
Nous tenions donc à dire un immense MERCI à chacun.e d’entre vous qui est venu.e s’intéresser à notre association, à nos cours de khmer pour la rentrée prochaine, participé à nos activités & jeux, acheté un de nos petits gâteaux, venu.e juste nous saluer… nous sommes reparti.e.s plein d’énergie et de motivation pour continuer de promouvoir la langue et la culture khmère.
Le 22 décembre 2021 est sorti au cinéma dans toute la France le film White Building. Il s’agit du premier long métrage de fiction du jeune réalisateur cambodgien Kavich Neang.
Kavich Neang est originaire de Phnom Penh. Il commence sa formation dans le cinéma auprès de Rithy Panh. En 2011, il réalise son premier court-métrage documentaire intitulé A Scale Boy. En 2013, il entre à la Busan Asian Film Academy puis fonde avec Davy Chou et Steve Chen la société de production de films cambodgienne Anti-Archive en 2014. Il est principalement connu pour son documentaire Last Night I Saw You Smiling qui a remporté de nombreux prix en 2019.
White Building est un film construit en trois chapitres qui viennent structurer l’intrigue. Il suit l’histoire de Samnang, un jeune homme cambodgien qui vit avec sa famille dans le White Building à Phnom Penh. Avec ses deux amis Tol et Ah Kha, il aspire à devenir une star de dans Hip-Hop. Sa vie, au départ plutôt insouciante, bascule en même temps que sa famille se voit contrainte à quitter le White Building. On peut saluer le film pour sa grande qualité photographique et la beauté de ses couleurs mais aussi pour son ton qui mélange habillement sérieux et humour.
L’intrigue tourne autour du White Building, immeuble iconique de Phnom Penh. Conçu par Lu Bun Hap et Vladimir Bodiansky sous la surveillance de l’architecte d’État cambodgien Vann Molyvann, il est inauguré en 1963. Il doit alors loger les fonctionnaires du ministère de la Culture. Il est vidé une première fois de ses habitants le 17 avril 1975 lors de l’évacuation de Phnom Penh par les Khmers Rouges puis est réinvesti dans les années 80, principalement par des artistes et des fonctionnaires. Il devient alors le lieu de vie d’une grande communauté d’artistes et ainsi un haut lieu de vie culturelle. En mai 2017, le gouvernement cambodgien, dont la politique est de moderniser la ville et de reloger les gens dans des logements plus décents, annonce aux habitants que l’immeuble, qui menace de tomber en ruines, est racheté par une entreprise japonaise. 493 familles doivent partir. Elles sont forcées à déménager en échange d’une compensation dérisoire. Malgré l’opposition d’une partie des habitants, les appartements finissent par être condamnés et l’immeuble rasé.
White Building a été présenté à la Mostra de Venise 2021 dans la section Orizzonti (Horizons). L’acteur Piset Chhun qui interprète le rôle principal de Samnang y a remporté le prix Orizzonti du meilleur acteur.
Les membres de l’association ont eu l’honneur d’être invités par les Films du Losange à assister à la projection de presse du film puis à l’avant-première en présence du réalisateur.
Le mercredi 26 janvier 2022 est sorti au cinéma en France Irradiés, le dernier film de Rithy Panh. Il s’agit d’un film documentaire réalisé en 2020. Il a reçu la même année le Prix de la Berlinale du meilleur documentaire.
Rithy Panh, né en 1964, est certainement le cinéaste cambodgien le plus connu de cette génération post Khmers Rouges. Il a à son actif plusieurs dizaines de films, documentaires et courts-métrages et a également produit de nombreux films. Il a onze ans lorsque les Khmers Rouges prennent le Cambodge. C’est cette expérience et la volonté de témoigner qui le poussent à devenir cinéaste. Il consacre une grande partie de ses œuvres à cette tragédie dans un devoir de mémoire.
Irradiés part des témoignages des hibakusha, japonais victimes des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945, et du vécu du réalisateur avec les Khmers Rouges (1975-1979) pour interroger sur les conséquences des différentes guerres du siècle dernier sur la vie et l’être des survivants et leur descendance mais aussi sur la Terre elle-même et tout ce qui la peuple. Les survivants de ces guerres et génocides, mis en avant dans le documentaire, sont des gens que l’on a voulu faire disparaître et qui pourtant sont toujours là. Ils doivent aujourd’hui vivre avec ces souvenirs et les stigmates de ces destructions, les affronter au quotidien. Rithy Panh réunit pour ce film des photos et vidéos d’époque des personnes et des lieux irradiés par la guerre. Ces images, seulement accompagnées dans certains cas d’une voix narratrice, parlent d’elles-mêmes.
Le mercredi 16 février, le film Les Affluents sort dans les salles de cinéma françaises. Tourné au Cambodge et doté d’un casting presque entièrement khmer, il est le premier long-métrage du réalisateur français Jessé Miceli.
Le film trace le portrait de trois jeunes cambodgiens. Songsa, 15 ans, vit avec sa famille dans la campagne cambodgienne jusqu’au jour où il est envoyé de force à Phnom Penh pour vendre des vêtements sur un tuk tuk. Livré à lui-même la plupart du temps et trop jeune pour assumer les responsabilités qui lui incombent soudainement, il se retrouve rapidement dépassé par la situation. Thy, 20 ans, devient hôte et danseur dans un bar gay de la capitale tenu par un occidental afin de gagner de l’argent et s’acheter la moto dont il rêve. Phearum, 24 ans, est chauffeur de taxi à Phnom Penh pour supporter financièrement sa famille vivant à la campagne. Malgré la pression qui s’exerce sur eux et les choix qu’on leur imposent, chacun d’eux va essayer de trouver sa place dans un nouveau Cambodge en plein bouleversements.
Jessé Miceli a fait des études de cinéma à l’Université Sorbonne-Nouvelle. Il débute sa carrière en tant que producteur puis travaille dans la distribution. Il découvre le Cambodge au début des années 2010 et se passionne pour le pays. Interpelé par ce qu’il voit, il décide de faire un film. Les Affluents est tourné en 2019 sur 19 jours avec un très petit budget et une équipe entièrement composée de cambodgiens. Tous les acteurs sont non professionnels. On peut saluer les magnifiques images ainsi que le travail du label Klapyahandz – ក្លាបយ៉ាហ៊ែន sur la musique qui porte merveilleusement bien le film. Il est présenté pour la première fois au public à L’ACID de Cannes en 2020. Il faudra cependant attendre près de 2 ans pour qu’il sorte en salle.
Le réalisateur a souhaité faire un film témoin de la rapide évolution que connaît Phnom Penh, la capitale du Cambodge, face au reste du pays qui demeure ancré dans ses traditions mais également de la difficulté de la jeunesse, projetée dans une vie radicalement différente de celle de la génération précédente, à s’adapter à ces changements. Il a alors opté pour une approche proche de celle du documentaire, notamment dans sa manière de filmer ses personnages, dans une volonté de réalisme : il montre ce qu’il voit sans concessions.
Une projection du film en présence du réalisateur a été organisée par Local Films le samedi 12 février au Cinéma Saint-André des Arts , en présence des membres de l’association qui ont pu animer un débat.
Samedi 12 mars, nous avons eu le grand privilège d’accueillir le réalisateur et producteur franco-cambodgien Davy Chou.
Fer de lance de la renaissance du cinéma cambodgien, il est venu, lors d’un déjeuner informel avec les membres de l’ACFK, nous parler ses films, de son parcours, de son rapport au Cambodge, de son travail en tant que réalisateur et aussi en tant que producteur— avec sa société de production Anti Archive qui permet à des réalisateurs khmers émergents de produire leurs films.
En 2010, il part au Cambodge à la recherche des témoins survivants de l’âge d’or du cinéma cambodgien entre 1960 et 1975 (près de 400 films, dont beaucoup ont été détruits ou perdus sous les Khmers rouges). Le documentaire qui résulte de ce travail de mémoire, Le Sommeil d’or (2011), a été sélectionné dans de nombreux festivals de cinéma internationaux.
Son premier long-métrage de fiction, Diamond Island , a reçu le Prix SACD de la Semaine de la Critique, au Festival de Cannes en 2016.
Il a également récemment produit le film White Building (2021) réalisé par son ami et collaborateur Kavich Neang.
Davy Chou est l’auteur d’une œuvre multi-récompensée abordant tour à tour le passé troublé du Cambodge, les mutations socio-économiques du pays, ainsi que l’élan d’une jeunesse tournée vers des lendemains fantasmés.
Sa dernière production en date, Onoda (2021), film réalisé par Arthur Harari (et tourné au Cambodge), s’est vu décernée par l’Académie des César le prix du Meilleur Scénario Original.
Samedi 12 février nous avons eu l’immense plaisir d’accueillir Jeanne Truong, autrice cambodgienne, venue entre autres présenter son roman « Ceux qui sont restés là-bas » (éditions Gallimard) et surtout venue échanger de manière informelle avec les élèves de l’ACFK.
Son livre nous emmène à la fin du régime des Khmers Rouges, en 1978, avec celles et ceux qui sont partis vers la Thaïlande et les camps.
Emprunt de son histoire personnelle et familiale, et de témoignages de personnes étant passées par les camps, ce roman suit un enfant de 7 ans, Narang, qui avec sa mère va vivre l’exode sur les routes, l’arrivée en Thaïlande et les camps de La Croix Rouge.
Cet enfant qui n’a connu que l’existence sous le régime de Pol Pot, vit avec la mort au quotidien, celle de ses proches et de ses compagnons de route mais est fort aussi de l’amour inconditionnel qu’il porte à sa mère qui lui donne endurance, force et courage.
Jeanne Truong donne un regard de l’intérieur sur ce que des milliers de Cambodgiens ont traversé et fait exister la mémoire des rescapés au-delà des silences et des non-dits.